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Ce que le vote sur les droits d'auteur va changer pour la presse

Le Parlement européen a adopté ce mercredi la proposition de directive relative aux droits d'auteur sur Internet. Ce texte, "qui devrait être effectif d'ici à 18 mois", était très attendu par les milieux de l'édition et de la presse, comme nous l'explique Étienne Wéry, associé chez Ulys et spécialiste en droit des technologies.


Que change fondamentalement ce vote pour les éditeurs de presse en Europe??

Ce vote implique beaucoup de choses mais, ce qui faisait débat, c'était la question des droits voisins. Le droit voisin est surtout connu dans le milieu de la musique. Si un chanteur reprend, par exemple, une chanson écrite par Jean-Jacques Goldman, il va toucher des droits voisins, alors que Jean-Jacques Goldman touchera des droits d'auteur. Les chefs d'orchestre qui interprètent de la musique de Beethoven vivent de droits voisins, tout comme les danseurs d'opéra, par exemple.

Au niveau de la presse, quand un journaliste écrit un article, il y met "du jus de cerveau", c'est-à-dire qu'il écrit une oeuvre protégée par le droit d'auteur. Pour être protégée par ce droit, il faut qu'elle soit originale, c'est-à-dire qu'elle reflète l'empreinte de la personnalité du journaliste. Le journal qui publie l'article n'avait jusqu'à présent pas de droits sur le texte, sauf si le journaliste cédait ses droits.

Quel est ce nouveau droit dont bénéficient les éditeurs de presse??

Les journaux peuvent désormais aller frapper à la porte des Gafa (acronyme formé par la lettre initiale des quatre entreprises Google, Apple, Facebook et Amazon, NdlR) et leur dire?: en tant que titulaire d'un droit voisin, vous devez me rémunérer si vous voulez reprendre mon contenu.

Le métier de Google, c'est de générer de l'argent sur la base de choses qui ont été écrites et mises en ligne par d'autres. Google n'a jamais écrit un article, pourtant Google les indexe tous. Il y a donc un déséquilibre entre les Gafa qui gagnent énormément d'argent sur des contenus qu'ils n'ont pas générés et, d'autre part, ceux qui ont pris le risque d'investir, comme les éditeurs de presse, qui ont de plus en plus de mal à exploiter économiquement leur production sur Internet.

Vous parlez de rémunérations. Celles-ci seront-elles symboliques ou significatives pour les éditeurs??

D'après les bruits de couloir qui filtrent, les rentrées financières seront extrêmement significatives pour les journaux. Mais ces rémunérations ne mettront jamais en danger des entreprises aussi puissantes que Google et Facebook. On parle de sociétés qui font un milliard de bénéfices par mois.

En revanche, cette directive va embêter leurs actionnaires. Pour le monde de la presse, c'est une vraie opportunité de réparer l'erreur historique du contenu gratuit sur Internet. On a habitué les gens à avoir du contenu gratuit et cela fait maintenant vingt ans que la presse cherche un modèle pour concilier le papier et l'électronique.

Peut-on imaginer une riposte des Gafa, comme Google l'a déjà fait dans le passé en ne référençant plus, pendant un certain temps, les articles de presse francophone à la suite d'un procès perdu en Belgique??

Je ne pense pas qu'ils prendront ce risque. Ici c'est au niveau européen ?: on ne parle pas que de La Libre Belgique ou du Soir, mais aussi du Monde ou du Financial Times. Ce serait une perte significative pour Google de ne plus exploiter le contenu de la presse dans l'ensemble de l'Union européenne.

C'est vrai que quand Google avait fait preuve d'une certaine mauvaise humeur en arrêtant de référencer le contenu belge francophone, l'impact avait été très important pour les journaux. On avait très rapidement vu une énorme perte de fréquentation au niveau du trafic des sites internet de la presse francophone belge.

Mais soyons clairs. On peut détester Google et les autres Gafa, mais il faut leur rendre une chose ?: quand une décision de justice est rendue, ils la respectent. Les Américains sont légalistes. Google a lutté pendant des années contre le droit à l'oubli, ils ont perdu et en un mois ils ont mis tout ce qu'il fallait en place. Si une nouvelle loi est faite, ils s'y plieront. Ce ne sont pas des gens de mauvaise foi. Ils aiment l'argent, mais ils respectent les règles du jeu, du moins la plupart du temps.

Est-ce que pour le lecteur lambda, c'est la fin de l'accès à l'information gratuite sur Internet ?

Officiellement, la réponse est non, cela ne devrait rien changer. Officieusement, je pense que la réalité sera tout à fait différente. L'objectif est clairement de trouver un modèle économique pour le contenu sur Internet.

On assiste depuis quinze ou vingt ans à un phénomène qui ne fait que s'amplifier ?: moins vous avez investi, moins vous avez d'actifs, plus vous gagnez de l'argent en exploitant des investissements faits par d'autres. Les réseaux sociaux n'ont jamais écrit une ligne, ils exploitent les contenus de leurs propres utilisateurs. Airbnb n'a jamais exploité un hôtel, ni même acheté un drap de lit, mais sa valorisation est supérieure à celle du groupe Accor, qui a des centaines d'hôtels. Uber n'a jamais acheté une voiture, pourtant la société gagne énormément d'argent. Internet fonctionne comme ça aujourd'hui. On verra dans cinq ou dix ans si les éditeurs auront réussi à exploiter cette nouvelle arme qui leur est donnée pour assurer la pérennité de la presse.

 
 

 
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