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Bruxelles, une ville "Tourists only" ?

Certes, les touristes représentent un plus indéniable pour notre ville. Mais, pour stopper l'exode qui a commencé, il faut pouvoir maintenir l'équilibre entre le côté "bling-bling" et la qualité de vie des habitants.

(...)

Une opinion de Bianca Debaets et Didier Wauters, conseillers communaux à la Ville de Bruxelles (CDH).


Certes, les touristes représentent un plus indéniable pour notre ville. Mais, pour stopper l'exode qui a commencé, il faut pouvoir maintenir l'équilibre entre le côté "bling-bling" et la qualité de vie des habitants .


A la mi-août, le Brussels Summer Festival vibrera au coeur de la capitale. Juste après la fermeture de Bruxelles-les-Bains et à une période où, quelques encablures plus loin, la Foire du Midi battra toujours son plein. Le point commun entre toutes ses activités ? Elles se déroulent au centre de Bruxelles, attirent beaucoup de touristes ou de visiteurs d'un jour et, à l'instar des Plaisirs d'hiver, participent donc à la renommée de Bruxelles en tant que ville dynamique; une ville qui n'est pas juste l'hôte austère du Parlement et des sommets européens.

Notre capitale est une ville touristique et c'est bien, mais elle doit aussi garder son âme et pouvoir arborer ses spécificités. Il faut pouvoir maintenir un équilibre entre le côté "bling-bling" d'une belle métropole et l'implication essentielle de ses habitants, au même titre que leur qualité de vie.

Ni supplément d'âme, ni tranquillité

On a souvent l'impression qu'un maximum d'efforts est fourni pour séduire les touristes, les émerveiller avec les costumes de Mannenken Pis, les jeux de lumière à la Grand Place ou encore l'organisation d'une multitude d'activités, souvent nocturnes. Mais pour tous ces événements, organise-t-on des concertations avec les habitants pour se rendre compte si tel ou tel événement ne provoque pas trop de nuisances ? Implique-t-on les nombreux acteurs culturels de terrain ? Les réponses à ces questions sont hélas négatives.

Cette coûteuse fête perpétuelle, et "clé sur porte", n'ajoute pas ce supplément d'âme, cette créativité bruxelloise qui pourtant séduit et attire les gens du monde entier. Par ailleurs, elle pénalise de manière récurrente de nombreux Bruxellois, dérangés par le bruit tard dans la nuit, ou une luminosité excessive, et qui dès lors trouvent difficilement le sommeil.

S'il est certain que les touristes représentent un plus indéniable pour notre ville, par leur contribution à l'essor économique et la création d'emploi - notamment au sein des commerces qui retrouvent enfin quelques couleurs après deux ou trois années difficiles (attentats, mauvaise gestion du piétonnier), qu'en est-il des Bruxellois ? Ne sont-ils pas trop oubliés ?

Que penser par exemple du cri du coeur de Georges Jetter, le patron de l'Actor's Studio, un cinéma de quartier contraint de mettre la clé sous le paillasson voici quelques jours à peine. "Devant ma porte, il y avait toujours autant de monde, mais hélas ce n'étaient plus des cinéphiles. Seuls des touristes arpentent ici les rues, mais ils n'entrent pas dans ce gendre d'endroits. Je trouve que l'on en fait trop pour eux." Alors sans doute que d'autres raisons expliquent cette faillite mais, néanmoins, cette image d'une ville "tourists only" est ressentie fortement par de plus en plus de monde.

Délocaliser ?

Le problème principal, ce n'est certainement pas la présence touristique, ni le très grand nombre d'activités organisées à Bruxelles, mais davantage leur format standardisé et leur concentration dans l'hyper-centre. Pourquoi ne pas songer à "délocaliser" davantage vers Haren, Neder-over-Hembeek, Laeken, le quartier Nord, etc. ? Pourquoi ne pas mettre en valeur les atouts patrimoniaux créatifs et humains des autres quartiers de la Ville ? Cette impression de "tourists only" serait sans doute atténuée. Cela impliquerait mieux les habitants, cela redonnerait de l'air aux Bruxellois du centre et un peu d'animation aux Bruxellois abandonnés des autres quartiers.

Oui, un meilleur équilibre est indispensable. La Ville de Bruxelles, ce n'est pas que le Pentagone. Le Collège devrait beaucoup plus s'en rendre compte ! Et ce constat vaut d'ailleurs aussi pour l'ensemble des investissements de la Ville dans toute une série d'autres domaines.

Stop à l'afflux massif

Cette plus forte implication des citoyens et cette meilleure répartition géographique des événements contribueront aussi à désengorger le centre de ses touristes. C'est d'ailleurs une tendance qui prend de l'ampleur dans plusieurs villes touristiques européennes comme Amsterdam, Venise ou encore Barcelone.

Là-bas, les autorités tiennent mieux compte des habitants du centre et des études sont actuellement en cours pour analyser la meilleure façon de restreindre l'afflux massif de touristes à des endroits et des moments précis. Ce n'est pas du "tourists-bashing", il s'agit juste de continuer à assurer un accueil de qualité tout en préservant le bien-être des habitants de la ville.

Et justement si l'on veut que les Bruxellois ne désertent pas l'hyper-centre, plus que jamais, cela devient impératif de changer de cap. Or, cet exode, en grande partie pour les raisons précitées, a déjà commencé. C'est un devoir, et à tout le moins notre ambition, d'y mettre un terme !

 
 

 
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