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Deux professeurs de Virton avaient des rapports sexuels avec une élève

Deux enseignants du collège Notre-Dame du Bonlieu estiment avoir noué une relation consentie et contestent tout abus.

La frontière entre la morale et ce qui doit être sanctionné par la justice : c'est la question évoquée en filigrane, mercredi, devant le tribunal correctionnel d'Arlon. Un dossier de moeurs, auquel le collège Notre-Dame du Bonlieu de Virton a été mêlé, y a été plaidé. Deux de ses enseignants ont entretenu des rapports sexuels avec une élève. Ces deux profs ont été écartés. Devant le tribunal, leurs avocats contestent la qualification pénale en demandant l'acquittement.

Les faits ? Le premier enseignant a eu une liaison avec l'adolescente au cours de l'année scolaire 2014-2015. Selon le prévenu, les rapports sexuels, en dehors de l'école, ont eu lieu alors que l'élève avait plus de 16 ans. Cependant, selon la citation, l'adolescente n'avait pas cet âge-là et il y a dès lors, en droit, attentat à la pudeur.

L'adolescente s'était confiée, par la suite, à un autre professeur sur cette relation à laquelle elle voulait mettre fin. Elle avait menacé de se suicider si c'était révélé. Mais l'autre professeur, devenu son confident, avait aussi entamé une liaison avec elle alors qu'elle avait cette fois plus de 16 ans. Le premier est poursuivi pour attentat à la pudeur et incitation à la débauche. Le second, seulement pour le deuxième chef d'inculpation.

Pour Me Luc Boelpaepe , avocat du premier prévenu, tout a eu lieu dans le cadre d'une liaison consentie. Pas question donc d'incitation à la débauche. "Moralement, c'était peut-être déplacé", admet le conseil. Quant à l'attentat à la pudeur, il n'y a pas de preuve de rapport avant l'âge de 16 ans, soit la majorité sexuelle. Me Pierre Neyens, avocat du second prévenu, estime que son client est lui aussi tombé dans l'engrenage.

Mais selon Me Dimitri Soblet, conseil des parents de l'adolescente, la jeune fille est bien la victime de ces hommes plus âgés. "L'absence de consentement, ce n'est pas nécessairement dire non, mais c'est aussi le silence", a-t-il plaidé.

Côté parquet, la procureur Sarah Pollet réclame entre 10 et 12 mois de prison pour le premier prévenu, et entre 8 et 10 mois pour le second, tout en ne s'opposant pas au sursis probatoire pour chacun. À noter que le collège Notre-Dame du Bonlieu s'est constitué partie civile pour l'euro symbolique, souhaitant marquer son soutien à son ex-élève. Jugement le 22 novembre.

 
 

 
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