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Un Belge s'offre le presbytère de Saint-Tropez pour 8 millions d'euros et fait polémique

Les Tropéziens ne sont pas contents: leur curé doit quitter son presbytère historique du vieux centre pour aller s'exiler dans un bâtiment rénové, certes, et plus grand, avec salle de réunions et parkings, mais plus éloigné. Ils l'ont fait savoir par pétition interposée. Mais c'est trop tard. L'évêché de Toulon a bel et bien vendu l'ancien presbytère. La semaine passée. Et c'est un Belge qui l'a acheté, «C'est l'évêché qui a mis le bâtiment en vente. Je l'ai appris. J'ai fait offre. Elle a été acceptée», explique le principal intéressé. Il faut dire qu'elle ne pouvait pas se refuser. La somme qu'il a proposée est rondelette : 8 millions d'euros.

Le montant n'est sans doute pas aussi disproportionné qu'on croit. L'acheteur connaît l'immobilier, même si c'est à titre privé qu'il en a fait l'acquisition. Il s'agit de Patric Huon, patron de la société de développement City Mall spécialisée en développement de shopping center (Les Grands Prés à Mons, Au fil de l'Eau à Verviers). Il compte y aménager un appartement sur deux niveaux aux étages supérieurs et, sans doute, un commerce au rez de chaussée. «La maison est idéalement située, entre le port et la Place des Lices », explique-t-il.

Une partie du prix tient toutefois à un coup de coeur. « Un petit hôtel de maître superbe, authentique. » Qui lui rappelle sa jeunesse (il a passé tous ses étés à Saint Tropez jusqu'à ses 45 ans) même si c'est sa vieillesse qu'il compte y abriter. « Mais pas l'été, explique-t-il. Saint-Tropez, je l'aime hors saison. Quand il redevient un village fabuleux, calme, gentil, sans son côté bling bling estival. »

Il lui reste à attendre que la tempête se calme. Et que le curé déménage. Ce qu'il n'a toujours pas fait, même si ses caisses sont déjà ficelées. Pas depuis la semaine passée, mais depuis... deux ans. En réalité, ledit curé ne les a pas déballées. Quand il est arrivé dans la paroisse et le presbytère, ses supérieurs lui ont demandé d'attendre pour cause de vente programmée.. « Oui, une vente avait déjà été évoquée en 2013-2014, convient Patric Huon. Les paroissiens s'y étaient opposés. L'évêché n'a pas mis l'ancien presbytère en vente mais n'en a pas moins continué à en aménager le nouveau qui est aujourd'hui fin prêt. Si ce n'était pas moi qui l'avais acheté, cela aurait été quelqu'un d'autre. »

C'est la presse française qui a relayé l'infortune et la colère des habitants, leurs efforts pour garder leur curé intra-muros. Ce n'est semble-t-il pas tant le devenir du bâtiment qui leur importe que le fait que le curé doive s'éloigner. Ils l'ont d'autant plus mauvaise qu'il y a une dizaine d'années, indique Le Figaro, l'évêché avait fait appel à leur générosité pour remettre ledit presbytère à neuf. Pas loin de 400.000 euros avaient été rassemblés, grâce aussi à deux des cinq plus grosses fortunes de France. Le quotidien a trouvé le nom de l'acheteur, qui aurait préféré plus d'anonymat.


 
 

 
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